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Declaration Commune de l'AMPS Portant sur la Contrefaçon des Medicaments

Mars 2010

Contexte

Tous les professionnels de soins de santé poursuivent un but commun, celui de protéger partout au monde le bien-être des patients des effets des médicaments de basse qualité, inférieurs aux normes et contrefaits. Des mesures pro-actives doivent être prises en collaboration avec les gouvernements et autres acteurs clé de la chaîne d'approvisionnement légitime, comme les fabricants et distributeurs pharmaceutiques, pour garantir la qualité, la sécurité et l'efficacité de tous les médicaments disponibles dans les pays, conformément aux normes internationales reconnues. Cette forme d'assurance qualité s'applique tant aux produits de marque que génériques, des secteurs privé et public et vise les produits importés comme ceux fabriqués localement.

L'AMPS, alliance mondiale des professions de santé, représente plus de 26 millions de professionnels de santé dans plus de 130 pays et rassemble le Conseil international des infirmières (CII), la Fédération internationale pharmaceutique (FIP), la Confédération mondiale pour la physiothérapie (WCPT), la Fédération dentaire internationale (FDI) et l'Association médicale mondiale (AMM). L'AMPS est particulièrement inquiète de la pénétration et de la vente de contrefaçons de médicaments dans la chaîne de distribution légitime pouvant générer des risques pour la vie des patients.

Les médicaments contrefaits doivent être considérés comme étant dangereux et inefficaces. Ils conduisent au gaspillage de ressources en achats, stocks, transports et offrent peu ou pas d'effet, ou même sont nocifs pour le patient. Les médicaments contrefaits menacent la sécurité des patients, au mieux en n'apportant aucune amélioration, au pire en occasionnant un impact accru de la maladie ou même entraînant la mort ; ils menacent la santé publique en augmentant le risque de résistance aux antimicrobiens et sapent la confiance des patients envers les professionnels et les systèmes de santé qui sont considérés comme étant inaptes d'assurer un traitement adéquat. La sécurité de la santé publique et des patients est mise à mal et il est maintenant temps d'agir.

Les professions de santé sont cruciales pour combattre les médicaments contrefaits. Par inspection visuelle, les infirmières, les pharmaciens, les dentistes et les physiothérapeutes, qui sont en contact permanent avec les médicaments et les dispositifs médicaux, sont en mesure de détecter les anomalies de l'apparence physique des médicaments et déclencher une enquête. Les professionnels de santé doivent de plus en plus envisager la contrefaçon comme une explication possible face à un échec thérapeutique ou à une réponse inhabituelle au traitement chez leurs patients. Afin que les professionnels de santé puisse réellement jouer leur rôle, il est nécessaire que les autorités nationales mettent en place des systèmes efficaces de collecte des informations relevant les indices de possibles contrefaçons, qu'elles les vérifient, enquêtent et renvoient les résultats auprès de ceux qui les ont fournies.

Ce phénomène mondial et mortel des médicaments contrefaits ne sera éradiqué que par un cadre agréé de réelle coordination, coopération et action au niveau mondial. L'AMPS accepte d'intensifier son engagement et de promouvoir une sensibilisation accrue aux dangers posés par les médicaments contrefaits parmi les professionnels de santé, les consommateurs, les patients et leurs gouvernements nationaux.

Les sept principes clé

Dans ce contexte, l'AMPS a identifié les 7 principes clé suivants pour permettre la coopération internationale et l'échange d'informations parmi les parties intéressées impliquées dans la détection et la lutte contre les médicaments contrefaits :

  1. Le principal axe de la lutte contre les médicaments contrefaits vise la protection de la santé publique et la reconnaissance que les principales victimes des contrefaçons sont les patients.
  2. La contrefaçon de médicaments, y compris toute la gamme d'activités depuis leur fabrication jusqu'à leur délivrance intentionnelle aux patients est exécrable et constitue une infraction criminelle grave mettant en danger des vies humaines et sapant la crédibilité des systèmes de santé.
  3. Une stratégie efficace visant la lutte contre la contrefaçon des médicaments exige la participation active de tous les intervenants du secteur public et de la société civile au travers d'organisations représentant les professionnels de santé, les patients, les fabricants, les distributeurs ainsi que les médias et les gouvernements.
  4. La formation des professionnels de santé est primordiale pour détecter et prévenir les contrefaçons de médicaments afin que ces professionnels puissent à leur tour instruire les patients et les populations sur les risques induits par l'achat de médicaments contrefaits auprès de sources inconnues et non fiables.
  5. Une vigilance accrue des professionnels de santé et des patients peut aider à rendre la santé publique et individuelle plus sûre. Lors de la prescription, de la distribution ou de l'administration de médicaments, les professionnels de santé doivent envisager la contrefaçon comme une explication possible face à un échec thérapeutique ou à une réponse inhabituelle au traitement chez leurs patients.
  6. Les agences internationales spécialisées, responsables de l'autorisation et de la distribution des médicaments, doivent identifier les médicaments inférieurs aux normes et contrefaits et en publier une liste de sorte que des mesures puissent être prises pour les retirer du marché une fois identifiés.
  7. Les gouvernements nationaux sont en position de jouer un rôle clé visant à l'élimination des médicaments contrefaits par la mise en application de la législation pharmaceutique et de sanctions pénales suite à une action publique efficace, en assurant la conformité aux bonnes pratiques de fabrication (BPF), aux bonnes pratiques de distribution (BPD), ainsi qu’aux bonnes pratiques pharmaceutiques (BPP) et en augmentant la portée et l’efficacité de la réglementation nationale en matière de médicaments.